C’est l’histoire parfaitement injuste d’un modèle qui avait tout pour réussir et qui pourtant, a échoué. Voici l’histoire des Mk X et 420G, de sacrés paquebots.

Nous sommes en 1961 et tout sourit à Jaguar. Cela en devient même indécent pour la concurrence, car la marque survole le marché des berlines de luxe avec sa Mk 2 et surtout, elle vient de lâcher une véritable bombe au Salon de Genève : la célébrissime Type E ! La marque décide de frapper toujours plus fort en remplaçant sa vieillissante MK IX, sa berline haut de gamme, par une Mk X qui porte la technologie au plus haut niveau !

A l’assaut de Rolls-Royce !

Avec ce nouveau modèle, la marque entend clairement viser Rolls-Royce. Elle met au point une voiture plus élégante, plus aboutie, plus sportive, mieux équipée et surtout, deux fois moins chère que les vénérables Rolls-Royce et Bentley. Sur le plan technique, Jaguar n’a fait aucune concession : châssis monocoque, 4 freins à disques, suspension arrière indépendante et sous le capot, rien moins que le moteur 6 cylindres XK de 3,8 litres. Cette unité à double arbre à cames en tête et trois carburateurs est d’ailleurs, directement reprise de la Type E, de quoi promettre 265 chevaux ! Du côté de la transmission, Jaguar propose une boîte manuelle à 4 rapports ou une transmission automatique à 3 vitesses, l’overdrive étant en option.

Accueil chaleureux

La presse est unanime : cette voiture est fabuleuse. Confortable et sportive à la fois, elle relègue les Rolls-Royce et Bentley de l’époque loin derrière elle. Le prix a également tout pour séduire. Pourtant, la sauce ne prend pas. La ligne n’est pas au goût de tout le monde et avec les années, Jaguar cumulera les erreurs stratégiques en mélangeant ses gammes. Plus personne ne se retrouve au sein de la nomenclature complexe de la firme. Les modèles se confondant aisément par leur style similaire, le modèle le plus cher reste donc sur la touche…

Evolutions

A partir de la fin 1964, la marque remplace le 6 cylindres de 3,8 l par une évolution portée à 4,2 l. Pas plus puissant, ce moteur apporte cependant plus de couple. Deux ans plus tard, toujours au salon de Londres, la firme présente la 420G, l’évolution de la Mk X. L’appellation porte à confusion, car dans la gamme, il existe une 420 qui ressemble comme deux gouttes d’eau à cette 420G et qui s’en distingue simplement par ses dimensions plus petites.

Revenons à la 420G : un nouveau nom, mais des dessous quasi inchangés, si ce n’est une calandre différente, une barrette latérale chromée, une sellerie revue et l’apparition de l’air conditionné en option. Cela n’en fait pas une toute nouvelle voiture et Jaguar ne parvient donc pas à faire remonter les ventes. Au contraire, les ventes déclinent à toute vitesse…

Aujourd’hui

Toutes versions confondues, les Mk X et 420G se sont vendues à 24.000 exemplaires environ, dont une majorité de modèles à boîte automatique. Si elle est rare, la Mk X est aussi très peu recherchée, ce qui explique une cote très basse : environ 20.000 € pour un bel exemplaire. Vous voulez notre avis ? C’est cadeau, pour une voiture prestigieuse au si noble pedigree des années 1960 !

Optez toutefois pour le meilleur exemplaire que vous pouvez acheter. Une réfection coûte une véritable fortune, la rouille fait des ravages, le moteur mérite des soins attentifs et l’accessibilité de certains éléments n’est pas toujours optimale, loin de là…

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