Voilà dix ans qu’il domine le juteux marché des crossovers compacts qu’il a en partie créé. Aujourd’hui, il doit faire face à une concurrence plus acérée que jamais ! Il profite donc d’une séance de rafraichissement… Mais cette dernière est-elle suffisante ?

Francois Piette
Expert VROOM
29/06/2017
3,7
Score VROOM
3,5
4,5
3
4
3,5
4
3,5
3,5

Points positifs et négatifs

  • Compromis confort/dynamisme de conduite
  • dCi 130 vigoureux
  • Insonorisation impressionnante
  • Montée en gamme perceptible
  • 4x4 uniquement avec 1.6 dCi 130
  • DIG-T 163 creux à bas régimes
  • Garde au toit à l'arrière (toit panoramique)
  • Petit retard technologique (p.e. multimédia)

Il y a dix ans, Nissan misait gros : il abandonnait le format classique des berlines compactes et remplaçait son Almera par un… crossover ! Une manœuvre inédite à l’époque, jugée comme très risquée par le commandement mais… qui s’est révélée être une recette miracle ! Le Qashqai, avec ses airs de SUV urbain, a envoûté les familles, les cadres dynamiques et les pensionnés. Mais entre-temps, les constructeurs ne sont pas restés les bras croisés et, séduits par les volume de vente de l’insolent crossover japonais, se sont décidés à entrer eux aussi dans la danse…

Un segment plus concurrentiel que jamais

Sur ce segment qui n’en finit pas de croître, les constructeurs investissent donc massivement : les Peugeot 3008, VW Tiguan, Seat Ateca, Hyundai Tucson et autres sont tous de très solides alternatives. Le Qashqai, pour rester fidèle aux avant-postes, doit donc se renouveler. C’est ce qu’il a fait en 2014 avec un tout nouveau modèle… Qu’il remet cette année sur le billard pour une remise à niveau !

Discrètes évolutions du style…

C’est principalement grâce à sa nouvelle calandre (arborant désormais un massif V) que le Qashqai 2017 se reconnaît. Le constructeur a également revu les boucliers, alors que les optiques avant et arrière font désormais appel à une signature LED en forme de « C ». Enfin, pour le détail, deux nouvelles teintes ont fait leur apparition.

Qualité en nette hausse et Tekna +

Si les évolutions extérieures vous laissent sceptiques, dans l’habitacle, en revanche, le crossover monte clairement en gamme ! La qualité des matériaux est revue à la hausse, ce qui se remarque d’emblée en lorgnant vers les diverses commandes. Le nouveau volant affiche quant à lui, un méplat qui permet une insertion et une extraction plus aisées, ainsi que de nouvelles commandes.

Ce bond en qualité se manifeste concrètement par l’arrivée d’un nouveau haut de gamme baptisé « Tekna + ». Cette exécution profite d’une sellerie cuir haut de gamme et d’un large toit panoramique abreuvant l’habitacle de lumière. Et pour les mélomanes avertis, une nouvelle stéréo Bose fait son apparition. Nissan nous l’a martelé durant la conférence de presse : tous ces changements furent ardemment désirés par les clients ! Ainsi soit-il…

Techniquement rien de changé ? Si !

La palette des motorisations est toujours identique : en essence, Nissan propose les 1.2 DIG-T de 115 ch (best-seller chez nous) et 1.6 DIG-T de 163 ch. En diesel, ce sont les 1.5 dCi 110 et 1.6 dCi 130 qui rempilent. Bon à savoir : seul ce dernier est disponible avec une transmission intégrale. Rien de neuf sous le soleil ? Si, mais il faut pour cela en prendre le volant : l’insonorisation et les suspensions ont été révisées pour à la fois, plus de confort et de dynamisme. Nissan promet également une direction revue et plus informative.

Des évolution qui sautent aux oreilles

Pas de doute, une fois en route, les efforts réalisés par les ingénieurs pour filtrer au mieux les agressions sonores sont évidents : plus que le moteur, ce sont les bruits de roulement et aérodynamiques qui paraissent remarquablement filtrés. Cette seule évolution place déjà le Qashqai sur un échelon supérieur ! Du côté des moteurs, les mécaniques essence font preuve d’un mutisme épatant, alors que les diesels vocalisent de manière forcément plus agricole, mais jamais ne deviennent agressif.

Vive le mazout !

Lors de cette première prise en main, nous avons pu mettre la main sur les 1.6 DIG-T 163 et 1.6 dCi 130. Certes, on sait le marché aujourd’hui de plus en plus réceptif aux motorisations essence, mais à notre humble avis, c’est encore le diesel qui semble le choix le plus homogène. S’il manque d’un peu de couple à très bas régime, le 1.6 dCi ne manque pas de vigueur par la suite et autorise des reprises énergiques !

En comparaison des 130 canassons dopés au gasoil, les 163 chevaux sevrés à l’essence nous semblent assez paresseux. A bas régimes, le 1.6 DIG-T manque vraiment de tonus et ne se libère que passé les 3.000 tr/min. Un comportement un peu handicapant avec ce genre de véhicule confortable. Et parlons-en du confort : les nouveaux réglages de suspension filtrent remarquablement le relief routier, alors qu’ils ne compromettent nullement le dynamisme. Que du contraire : on se plait à enquiller les virages sur un tempo rapide, d’autant que la direction est particulièrement agréable ! Evitez toutefois la brutalité : les aides électroniques vous brideront sur le champs.

Revue de détails

Pour le reste, rien n’a changé. Suffisamment spacieux, le Qashqai devient malgré tout pénalisant en terme de garde au toit pour les passagers arrière lorsque le toit panoramique est retenu. Le coffre est honnête, mais ne bat pas des records de volume, avec 430 litres « seulement ».

Sécurité, à jour ?

Pour ce nouveau modèle, Nissan a étoffé la liste des équipements sécuritaires : la reconnaissance des panneaux de signalisation, le freinage d’urgence avec détection des piétons, l’alerte de trafic perpendiculaire en cas de marche arrière, la vision 360 degrés et la surveillances des angles morts sont disponibles.

Conduite semi-autonome

Nissan nous promet même un système ProPilot qui se présente comme une aide semi-autonome : contrôlant la direction, les freins et l’accélérateur, ce système peut largement vous assister dans les embouteillages ou sur autoroute. Toutefois, quelques bémols : ce système ne sera disponible qu’avec les boîtes automatiques (CVT dans ce cas-ci) et il ne sera pas proposé avant le printemps 2018. Quant à l’arrivée du régulateur de vitesse adaptatif sur les autres modèles, elle est prévue mais ce n’est pas pour tout de suite non plus…

Multimédia

Nous touchons ici à l’une des lacunes du Qashqai. Pressés par les clients de développer un système audio plus performant, les ingénieurs et la firme Bose se sont appliqués, mais ils n’ont toutefois pas trouvé le temps de développer un nouveau système multimédia. Le système actuel affiche un affichage daté, les possibilités sont limitées par rapport aux derniers modèles en date et nous n’y trouvons pas de connectivité Apple CarPlay et Android Auto. Cela viendra, nous a-t-on assuré, mais il faudra se montrer encore un peu patient.

Tarifs

Le Qashqai revu et corrigé sera commercialisé en Belgique à partir de septembre, à des tarifs démarrant à 22.590 €. Nissan mise gros sur ce modèle qui se vend d’ailleurs, principalement à des hommes relativement âgés (moyenne d’âge de 51 ans). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est le modèle essence 1.2 DIG-T 115 qui est le plus vendu, dépassant largement le dCi 110. Le renouveau de l’essence n’est donc pas un mythe…

Conclusion

Pour cette évolution du modèle, Nissan s’est attentivement penché sur les demandes des clients. Le résultat est à la hauteur des efforts consentis, car le Qashqai reste l’un des crossover les plus agréables du moment. Mais le monde évolue très vite et pour suivre les tendances, il faut savoir les anticiper : que ce soit au niveau des équipements sécuritaires ou du multimédia, le Qashqai affiche un léger retard. Les mises à niveau arrivent (ProPilot au printemps 2018 pour les modèles à boîte auto, notamment), mais il faudra se montrer encore un peu patient. Tout dépend donc bien entendu, de votre cahier de charges et… de votre patience !

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