Enfin! Après sa présentation au salon de Pékin l'an dernier et sa distribution en Océanie, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud ou en Asie, voilà que le Koleos débarque en Europe! Véhicule mondial, puisque destiné à être vendu dans plus de 85 pays, le Koleos coiffe la gamme Renault, en compagnie de l'Espace et du Talisman et se profile comme le fer de lance des SUV de la marque, chapeautant le Kadjar et le Captur. 

Bruno Wouters
Expert VROOM
18/06/2017

Points positifs et négatifs

  • Excellent confort
  • Ligne réussie
  • Transmission 4x4 disponible (et efficace en tt)
  • Boîte CVT
  • Comportement placide
  • Pas de motorisations essence
  • Pas de version 7 places

Plus personne n'échappe aujourd'hui à la déferlante SUV qui a progressé de 50% en deux ans sur le marché européen. La part du SUV dans le segment D atteint 1/3 des ventes. Pour mettre au point son SUV de segment "D", Renault n'est pas parti d'une page blanche et, comme pour le Kadjar, a puisé dans les opportunités de synergies qu'apporte l'Alliance avec le japonais Nissan. Ne cherchez pas plus loin: le Koleos est l'interprétation par Renault du Nissan X-Trail, comme le fut le Kadjar pour le Qashqai.

Conçu en parallèle avec le Talisman et le Talisman Estate, le Koleos colle parfaitement aux canons esthétiques actuels de Renault, un style initié dès 2012 par la Clio. La face avant ne laisse en effet aucun doute sur les origines de ce statutaire SUV. Nous retrouvons l'imposant losange fiché dans la calandre chromée, la signature lumineuse typique de la marque avec ce "C" en LEDs débordant du bloc optique qui peut être équipé de projecteurs full LEDs, les blocs lumineux arrières courant sur presque toute la largeur de la caisse, mais aussi ces proportions étirées avec des porte-à-faux réduits qui reprennent celles du Talisman ou encore le choix assumé de roues à grand diamètre.

Du style

L'esprit SUV est accentué et dynamisé par une hauteur relativement contenue (168 cm), mais des épaulements musclés et des "trucs" stylistiques renforçant l'assise de la voiture sur la route tout en signalant la montée en gamme, comme ces inserts chromés courant le long du capot sur les ailes avant, ou les inserts chromés soulignant le bas du bouclier arrière.

Cette robe expressive accueille cinq passagers qui trouveront leur aise grâce au généreux empattement de 2.710 mm, l'un des plus longs de la catégorie. Renault a délibérément choisi de faire l'impasse sur une version sept places, considérant qu'elle pénaliserait autant le design que le confort des passagers… Un caillou jeté dans le jardin de certains concurrents comme le 5008? Et, de fait, l'espace aux places arrières et la générosité de l'assise du deuxième rang semblent confirmer la justesse de ce choix. Les grandes familles devront passer leur chemin ou adopter l'Espace. Chacun son rôle! L'habillage intérieur ne brille pas par une originalité extrême avec un style fort proche de ce que nous connaissons déjà sur d'autres modèles de la marque, mais l'ensemble fait preuve de bon goût et d'un niveau de finition de très bon aloi.

Le Koleos est proposé en trois niveaux de finition: Zen, Intens et Initiale Paris. L'équipement se veut plutôt généreux dès le premier niveau avec le freinage d'urgence, l'alerte de franchissement de ligne, la reconnaissance des panneaux de signalisation, la climatisation automatique bizone, l'infodivertissement à tablette tactile de sept pouces, pour ne citer que quelques éléments de sécurité ou de confort.

Exit l'essence

La palette de motorisations disponibles sous le capot se montre nettement moins généreuse: deux moteur diesel et c'est tout! Pas complètement incohérent en rapport au marché et à la demande de la clientèle, mais sans doute un mauvais signal en cette période bien trouble pour la légitimité de la motorisation diesel…

Le bloc 1.6 L Energy dCi 130 ouvre le bal, uniquement disponible en deux roues motrices et boîte de vitesses manuelle à six rapports. Le bloc 2.0 L dCi 175 n'est disponible qu'avec la boîte automatique X-Tronic, en réalité une boîte CVT à variation continue, peaufinée pour "singer" le comportement d'une boîte à plusieurs rapports lors de vives accélérations, hélas moins convaincante à l'usage qu'une boîte à double embrayage ou qu'une boîte auto de dernière génération.

La transmission 4X4 n'est disponible qu'avec ce dCi 175. Cette transmission, baptisée ALL MODE 4x4-i a déjà fait ses preuves sur de nombreux modèles de l'Alliance Renault – Nissan. Elle permet au conducteur de choisir entre 2WD, 4WD AUTO et 4WD LOCK. En toute logique, le mode à deux roues motrices (traction avant sera privilégié pour les économies de carburant. Les quatre roues motrices avec répartition variable du couple (jusqu'à 50% sur l'arrière) entre les essieux avant et arrière en fonction de l'adhérence rendra la conduite plus sûre et efficace. Le mode LOCK verrouille la répartition avant/arrière et autorise, conjugué à la garde au sol généreuse de 210mm et les angles d'attaque et de fuite respectifs de 19 et 26°, quelques prétentions hors macadam, comme nous avons pu le vérifier sur une piste d'essai tous terrains. Le conducteur y trouvera aussi son compte sur une route enneigée ou une allée boueuse.

Placide

Nous avons tour à tour pris le volant des deux motorisations chaque fois en deux roues motrices. Le dCi 175 peine un peu à laisser s'exprimer ses 175ch, plus présents sur la fiche technique que sur la route où on les sent muselés par le poids de l'engin (pas loin d'une tonne sept hors options, donc bien plus pour notre Initiale Paris) et par une boîte à variateur peu propice à l'expression débridée. Ceci dit, le Koleos roule plutôt pas mal en mode calme, ses suspensions privilégiant plus le confort qu'un comportement tranché. Il ne sert à rien de trop vouloir augmenter le rythme, ce qui se traduirait par un renforcement du roulis. Mieux vaut donc profiter du réel confort et de l'espace disponible à bord.

Le constat reste à peu près le même au volant du 1.6 L qui suffit à la tâche mais ne rend pas la conduite du Koleos très active, le poids de l'ensemble étouffant vite toute velléité de conduite sportive. Renault a fait le choix de privilégier le confort plus que les sensations de conduite, rien d'incohérent sur le créneau SUV. Il est évident qu'une berline ou un break au centre de gravité plus bas apportera plus naturellement un comportement tranchant et amusant qu'un SUV forcément plus lourd et haut sur pattes, simple question de logique. Et les SUV "affûtés" ne le sont en général que par de coûteux artifices électroniques. Renault a aussi le bon goût de nous proposer une transmission à quatre roues motrices qui prend tout sous sens. Le comportement routier (nous n'avons hélas pas pu le mesurer) devrait s'en trouver amélioré, et la perspective de petites escapades hors bitume rend toute sa légitimité au SUV. Notre petit essai tout-terrain a démontré l'efficacité du Koleos dans ce cas de figure: de quoi filer la banane aux gamins!

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