Il a fallu attendre 7 ans, 7 ans après la première Renault Scenic pour voir Volkswagen proposer un monovolume compact. La marque de Wolfsburg est pourtant soucieuse de toucher un large public. Cette lenteur est liée à la philosophie de la marque voulue par l’ancien patron Ferdinand Piëch qui refusait de voir une voiture haute avec le sigle VW. Le nouveau dirigeant, Bernd Pischetsrieder, lui, n’a pas ce genre de scrupule. Il a compris qu’il fallait répondre à Renault mais aussi à Opel et à bien d’autres. Le Touran est né. Son look est typique de la marque : classique et robuste. Certes, il ne brille pas par son design, ni par le choix des matériaux du tableau de bord, mais il faut bien admettre que la modularité du Touran est exemplaire. Les espaces de rangement sont nombreux, très nombreux même. En finition Trendline, ils sont 39 au total dans les portes, la console, le plafond, sous les sièges, dans le coffre, sous le plancher… La modularité des sièges est plus que conforme à ce qu’on attend d’un monospace : en modèle 7 sièges, il existe 500 configurations possibles. Par de simples cordes on abaisse ou relève les sièges, des barres et poignées permettent de les avancer, de les reculer, de les déplacer ou de les enlever. Simple et efficace. L’option 3e rangée permet de bénéficier de 2 sièges supplémentaires. Quelques petites manipulations permettent de remonter ces sièges d’appoint et de réaménager le coffre (le mode d’emploi manque malheureusement de clarté pour le rangement du support de la toile de protection et il a fallu 10 minutes de recherche pour trouver les encoches et changer les caches). Une fois ces sièges installés, le coffre est réduit à un volume ridicule, juste de quoi mettre un parapluie, un petit sac et des vestes. De plus, le confort de l’assise ne convient qu’à des enfants ou pour de petites distances pour les adultes. Et puis, l’accès aux 2 places de la troisième rangée est vraiment étriqué… Cette option a le mérite d’exister pour ceux qui, parfois, peuvent être amenés à prévoir un ou deux passagers supplémentaires. Pour le reste, la version « normale » offre un confort, une modularité et un coffre vraiment efficients. Et c’est un vrai coffre dont on parle : 695 litres, une entrée rectangulaire et un seuil de chargement bas. En plus, l’ouverture est astucieuse à deux hauteurs. Grands comme petits peuvent ouvrir et refermer le coffre et on peut adapter l’ouverture au type de chargement. Toutefois, la fermeture du coffre a posé quelques problèmes. En raison d’une (trop) parfaite étanchéité de l’habitacle, la différence de pression impose soit de laisser une porte ouverte, soit de pousser le coffre très fort pour qu’il ferme… Une petite aide électrique n’aurait pas été superflue à ce niveau.
Efficace et économique
Le TDI 1,9 l de 100 ch brille par son économie. Grâce à la boîte manuelle à six vitesses, on peut tabler sur une consommation moyenne de moins de 6 litres sur autoroute, à vitesse constante et en ne dépassant les 2750 tours minute. De quoi faire sans souci Bruxelles-Vienne avec un seul plein. Certes, les 100 ch suffisent à propulser le Touran, mais il ne faut pas espérer adopter une conduite dynamique. Il existe heureusement une version 136 ch à peine plus gourmande et en tout cas plus nerveuse. L’un comme l’autre ne trahiront pas leur carburant avec sa voix enrouée et un tac-tac caractéristique au ralenti, mais aussi à l’accélération. La position de conduite est aisée grâce aux multiples réglages du siège et du volant (hauteur et profondeur). L’acheteur du Touran pourra choisir le niveau de finition Base (série), Trendline ou Highline auquel il pourra toujours greffer de nombreuses options, comme toute Allemande qui se respecte !
Stabilité dynamique
Le comportement routier est rassurant sur routes droites et autoroutes. Sur petites routes, son poids et sa hauteur sont responsables d’un léger manque d’agilité et d’un mouvement de roulis. Pourtant, la suspension a fait l’objet de nombreuses attentions pour maîtriser les effets de roulis et de pompage. À l’avant elle est de type McPherson et innovante à quatre bras à l’arrière. La direction est précise grâce à l’assistance électromécanique, une première pour Volkswagen ! La stabilité dynamique du train roulant est aidée électroniquement par l’ESP. Le conducteur peut compter sur 2 disques ventilés à l’avant, 2 disques pleins à l’arrière et une assistance au freinage, en plus de l’indispensable ABS. De quoi protéger toute la famille dans les situations critiques. D’autant que le monospace pèse près de 1500 kg.
Le TDI 100 ch peut vous balader à 177 km/h (197 km/h pour le 136 ch) et accélère de 0 à 100 en 13,5 secondes (10,6 s pour le 136 ch). Vous comprendrez bien que le but premier n’est pas de faire du rallye… quoi qu’avec le TDI de 100 kW (136 ch) et le moteur essence FSI de 85 kW (115 ch) on peut aussi s’amuser au volant ! Parce qu’à l’intérieur, les passagers peuvent franchement profiter du voyage. Les espaces de rangement permettent de stocker tout son attirail, la hauteur de caisse permet de bien profiter des paysages et la modularité des sièges et les tablettes sont là pour offrir de la place pour profiter confortablement de ses objets de détente : livre de coloriage, jeu de société, jeu électronique, livre et BD… VW a mis du temps à présenter son monovolume, mais il n’a pas trahi le concept. Son look de camionnette donne une formidable impression d’espace à l’intérieur. Pourtant, intrinsèquement, le Touran n’est pas beaucoup plus grand qu’une berline et le créneau est relativement facile à effectuer. Et le serait plus encore avec un système d’aide au parking.
© Olivier Duquesne
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