Il est difficile aujourd’hui de s’imaginer le poids qu’avait Bill Mitchell au sein de la General Motors dans les années 60 et 70. A la fois chef du département style et vice-président de GM, Bill Mitchell voyait ses désirs souvent transformés en ordres. Une position assez confortable qui lui a permis de réaliser quelques « caprices », comme cet incroyable concept qui a vu le jour en 1971.

Cadeau d’Enzo

Ce concept de Pontiac Firebird du futur doit son dessin initial à Jerry Palmer, un designer plein de talent et dont le crayon forme régulièrement des traits avant-gardistes. Sous le capot, Bill Mitchell a pu se procurer, gratuitement et de la part d’Enzo Ferrari himself, un V12 de Daytona… dans une variante compétition !

Boîte auto inadaptée

Si à ses débuts, la voiture était accouplée à une boîte automatique américaine à 3 rapports bien peu convaincante, elle fût rapidement servie par une unité mécanique à 5 rapports issue d’une Ferrari, nettement plus en rapport avec les prestations de l’engin. Ainsi équipée, la Pontiac Pegasus révélait un comportement de haute volée et affichait un raffinement mécanique qu’était loin de procurer les « muscle cars » traditionnels aux V8 roturiers. Difficile d’imaginer ce qui se cachait sous le capot : seules les 4 sorties d’échappement et les compteurs similaires à ceux d’une Daytona mettaient la puce à l’oreille.

Un V12 jusqu’au cercueil !

Bill Mitchell avait négocié avec GM qu’à sa retraite, il pourrait profiter de la voiture. Une fois décédé, la voiture fût renvoyée au sein du studio design de GM où elle séjourne toujours aujourd’hui. La voiture est d’ailleurs en parfait état de marche et ravit de temps à autres les oreilles des employés mélomanes qui se baladent dans les allées vertes de l’usine…