En 1968, Citroën se porte acquéreur de Maserati. La firme au trident lui permet ainsi d’avoir accès à des motorisations nobles que la marque française envisage pour une future super DS, qui allait devenir la SM. Pendant ce temps, il est également question de remanier la gamme Maserati. Avec l’arrivée de la Lamborghini Miura, il est évident, dès la fin des années 60, que l’avenir est aux sportives à moteur central arrière. Maserati développe donc une rivale aux supercars de l’époque, ce sera la Bora.
Un ticket d’entrée
La Bora est un magnifique chef d’œuvre, mais avec son V8 de plus de 300 chevaux, elle ne s’adresse pas à une clientèle très large. En 1972, la marque décide alors de commercialiser une version plus accessible de la Bora, en reprenant, dans les grandes lignes, le design de cette dernière, mais en la motorisant avec le V6 développé pour la Citroën SM. Le style fluide et sportif à souhait, est signé Giorgetto Giugiaro, d’Italdesign.
Des caractéristiques insolites
La voiture se présente donc comme une sportive à moteur V6 de 3 litres en position centrale arrière. Celui-ci est accouplé à une boîte de vitesses à 5 rapports. Avec ses 190 chevaux et sa belle répartition des masses, la Merak est nerveuse et maniable. Hélas, Citroën a envoyé ses ingénieurs sur le chantier, ce qui a valu à la Merak un tableau de bord identique à celui de la SM mais surtout, un complexe système hydraulique gérant la direction et les freins. Combinez une centrale hydraulique peu fiable, un moteur fragile avec un réseau encore frileux et vous obtenez la recette parfaite pour un relatif échec commercial. En 1975, Maserati n’avait assemblé que 630 Merak…
SS
En 1975, Citroën se débarrasse de son encombrant partenaire italien qui tombe sous une tutelle étatique en attendant un repreneur. C’est à ce moment que De Tomaso arrive. La Merak est remaniée : son tableau de bord lui est désormais spécifique, son infernale centrale hydraulique vole à la poubelle et le moteur est fiabilisé. Cerise sur le gâteau : la voiture est plus puissante (220 ch) et un brin plus légère ! Produite jusqu’en 1983, elle sera vendue à un millier d’exemplaires environ.
Downsizing
Au milieu des années 70, l’Italie connaît également une loi qui taxe fortement les voitures de plus de 2 litres de cylindrée. Lamborghini, Ferrari et Maserati développent donc des modèles à la cylindrée réduite pour leur marché domestique. La Merak 2000 GT vit ainsi le jour. Son V6 de 2 litres ne développait plus que 170 chevaux, mais il préservait une certaine vivacité à l’usage. Toutefois, sur ses 6 grosses années de production, il n’en fût assemblé que 200 exemplaires.
Aujourd’hui
Une belle Merak se trouve déjà à partir de 65.000 € quand les plus beaux exemplaires dépassent rarement les 100.000 €. Un tarif qui peut paraître salé, mais pour une voiture de ce pedigree et de cette époque, c’est très raisonnable ! Mais attention piège : le moteur est fragile au niveau de sa distribution et une réfection coûte une fortune. Quant à la centrale hydraulique, on sait aujourd’hui comment faire fonctionner cette usine à gaz, mais cela a un coût, généralement très élevé. La maintenance d’une bête de race est également, très onéreuse. Bref, vous êtes prévenu !