Le régime fiscal avantageux des pick-up est depuis longtemps une épine dans le pied de certains gouvernements de notre pays. Depuis le début de l'année, les particuliers wallons paient déjà au prix fort la taxe de mise en circulation et la taxe annuelle de circulation. Et ils ne seront bientôt plus les seuls : à partir du 1er janvier, ce sera également le cas en Flandre. Le 14 décembre, la proposition du ministre flamand Matthias Diependaele (N-VA) sera votée au Parlement flamand.
De 0 € à plus de 12.000 € !
Avec ce nouveau règlement, Matthias Diependaele veut décourager « l'utilisation abusive » de ces véhicules en taxant les pick-up comme des voitures particulières « normales ». Notez que la nouvelle mesure ne s'applique qu'aux pick-up et non aux utilitaires légers similaires (comme les camionnettes). En effet, si le ministre veut pénaliser plus lourdement les pick-up, c’est notamment parce que ces derniers ont la même taille, le même poids et les mêmes émissions que de nombreuses camionnettes. La réforme qui entrera en vigueur le 1er janvier pourrait coûter cher aux acheteurs privés.
À titre d'exemple, le best-seller européen, le Ford Ranger, n’entraine aucune taxe de mise en circulation avec le régime existant. Sa taxe annuelle est quant à elle fixée à 170,94 euros, quelle que soit la motorisation. Dans le cadre du nouveau régime, où les montants de la TMC et de la taxe annuelle de circulation dépendent de la cylindrée et des émissions de CO2, ce montant augmente fortement :
- Ford Ranger 2.0 liter EcoBlue 170 ch avec transmission manuelle (215 g de CO2/km) : 4.195,70 € de TMC et 655,16 € de taxe annuelle sur la circulation.
- Ford Ranger 3.0 liter EcoBlue 240 ch avec transmission automatique à 10 vitesses (262 g de CO2/km) : 12.500,68 € de TMC et 1.387,05 € de taxe annuelle sur la circulation.
Et il en va bien sûr de même pour les pick-up d'autres marques.
Commandes avant le 1er janvier 2023
Pour les pick-up commandés avant le 1er janvier 2023, une dérogation peut être demandée en envoyant le bon de commande au service du gouvernement flamand avant le 15 février (demandez conseil à votre concessionnaire). Les acheteurs profiteront alors du régime actuel. Pour les véhicules déjà immatriculés, l'ancien régime continuera d’être appliqué aux particuliers. Pour les utilisateurs professionnels qui disposent d'un numéro de TVA ou qui sont enregistrés à la Banque-Carrefour des Entreprises, rien ne changera. Notez toutefois que les valeurs résiduelles de ces véhicules risquent fort de chuter sur le marché de l'occasion : en effet, les particuliers seront sans doute moins enclins à acheter un pick-up lourdement taxé.
Quid des alternatives ?
Si, en tant que particulier, vous n'avez pas besoin des capacités de remorquage, de chargement ou des compétences en parcours tout-terrain d'un pick-up, vous feriez mieux d'opter pour un autre type de véhicule pour éviter ces taxes astronomiques. Si vous avez besoin de ces capacités et que vous souhaitez continuer à bénéficier du régime fiscal avantageux d'un utilitaire léger, vous pouvez toujours opter pour une camionnette. Ces dernières sont parfois également disponibles avec quatre roues motrices, une grosse puissance et des capacités de remorquage et de chargement similaires, mais ne sont pas couverts par le nouveau régime. Les 4x4 transformés en utilitaire léger ne sont également pas concernés.
Il y a aussi la question de savoir ce qu'il adviendra des pick-up en leasing. Ils sont officiellement enregistrés au nom d'une société (la société de leasing), mais ils sont parfois utilisés par des particuliers, notamment via un contrat de leasing privé. Encore une alternative possible ?