Style D’un point de vue stylistique, on ne peut reprocher à la Leon de manquer de caractère. Et généralement, elle plaît ! Beaucoup même… Sur cette version Cupra, les lignes s’accordent à merveille avec la définition sportive de l’engin. Le becquet, la sortie d’échappement elliptique, les boucliers enveloppants et les sièges baquets ne font pas éléments rapportés de chez l’accessoiriste du coin, mais s’intègrent parfaitement. Moteur C’est ici que ça devient sérieux. Avec son 2.0 l TFSI (essence) de 200 chevaux, la Leon FR se révélait déjà très performante. Mais cela ne suffisait sans doute pas pour la marque sportive du groupe VW, les ingénieurs ont donc poussé le bouchon un peu plus loin et ce sont 40 canassons supplémentaires qui sont fournis. Le couple n’est pas triste non plus : avec 300 Nm de 2200 à 5500 tr/min, la disponibilité est impressionnante. Et sur la route, ça donne quoi ? Et bien, c’est pas triste ! Par rapport à la FR, le moteur a gagné en caractère, dévoilant un second visage, encore plus rageur, une fois les 4.500 tr/min franchis. Une vraie perle, souple à bas régime, mais qui se déchaîne véritablement dans une sonorité malheureusement assez banale, une fois entré dans la deuxième moitié du compte-tours ! Les mises en vitesses sont donc très rapides, et il vaudra mieux garder un œil sur le tachymètre si l’on ne vaut pas pulvériser les limitations de vitesses. La boîte qui y est accouplée est une unité manuelle à 6 rapports. Pas encore de DSG en vue, et c’est bien dommage. Toutefois, si la commande gagnerait à être encore un peu plus fluide, l’étagement est sans reproche ! De quoi limiter les chutes de régime au minimum entre les changements de rapports. Tenue de route Sur routes surfacées au laser, la Leon est littéralement vissée au plancher. Bien campée sur ses jantes larges, c’est à croire que de la glu sort de ses pneus dans les longues courbes. La direction, précise et incisive, participe aussi à cet excellent constat. Comme toutes les Cupra, cette Leon est fermement suspendue, sans toutefois verser dans la caricature comme l’a fait l’Ibiza. Bon, inutile de tourner autour du pot, c’est même dur et on n’aura aucun mal à se faire une petite idée de l’état des routes parcourues… Ce qui fait que sortir la grosse attaque sur un revêtement mal entretenu (chose particulièrement courante dans ce plat pays qui est le nôtre) n’a pas beaucoup de sens si vous avez un tant soit peu de compassion pour vos vertèbres. La Leon tape alors sèchement dans les ornières. Mais la bonne surprise c’est que ce n’est pas pire que la FR. Mais après tout, l’acheteur sait pour quoi il signe, et en l’occurrence, une sportive et non un tapis volant ! Vous voilà prévenu… La Leon reste néanmoins nettement plus rigoureuse que l’Opel Astra OPC essayée il y a quelques temps, avec des réactions de couple bien mieux contenues. Outre cette excellente tenue de route, toutes nos félicitations vont à la marque qui a su doter la Leon Cupra d’un freinage digne de ce nom. Pour freiner, ça freine ! Fort, longtemps et c’est même relativement facile à doser… Confort On l’a dit, niveau suspension, c’est assez sec. Les excellents sièges baquets, s’ils procurent un excellent maintien, n’en sont pas moins tout aussi fermes… Pour le reste, la Cupra est une Leon comme les autres, avec une excellente ergonomie, des commandes qui tombent naturellement sous la main, une finition moyenne et une présentation agréable. A ce titre, les sièges baquets donnent une belle ambiance racing à l’habitacle. L’habitabilité est convenable, tant à l’avant qu’à l’arrière et le coffre se montre suffisant. L’insonorisation est très bonne, le moteur se révélant remarquablement silencieux, à moins de chasser la zone rouge avec une inclinaison prononcée du pied droit… Tarifs et équipements Vraiment concurrentiel. Vendue à 25.990 €, la Leon Cupra est infiniment moins chère que l’Opel Astra OPC aussi puissante (30.200 €), un peu plus chère que la Focus ST (225 chevaux, 25.000 €), mais moins chère que la Mégane RS (225 ch, 27.350 €) et la Mazda 3 MPS (260 ch, 27.999 €). L’équipement est à la hauteur du prix demandé, avec des sièges baquets de série, un ESP, le régulateur de vitesse, l’ordinateur de bord, la climatisation bi-zone, les jantes alliage de 18 pouces,… En option, on peut toujours opter pour les phares bi-xénon à 942 €, la Pack Comfort (avec capteurs de pluie et de luminosité et un rétroviseur intérieur jour/nuit) à 260 €, et l’alarme paramétrique à 222 €. Un petit regret cependant : la forme particulière des boucliers interdit purement et simplement une quelconque assistance de parking… La consommation moyenne tourne autour des 12,5 l, ce qui est remarquable au vu des performances. Il est même possible, sur autoroute, de descendre à bien moins de 10 litres sans pour autant entraver la fluidité de la circulation. Conclusion Voilà une berline sportive comme on aimerait en trouver plus souvent ! Rageuse mais rigoureuse, elle sait rester pratique même s’il faut cependant faire quelques concessions au confort d’amortissement. Le prix et l’équipement ont même tout pour plaire ! A un détail près : à ce niveau de puissance, la TMC devient assassine avec 4.957 €, soit le double de ce que demande une FR TFSI de 200 chevaux, déjà très performante…