Le feuilleton autour de Carlos Ghosn, l'ancien leader de l'alliance Renault-Nissan, n'est pas encore terminé. Il doit rembourser 5 millions d'euros de salaire indûment versé, à Nissan-Mitsubishi. Ce jugement est tombé à Amsterdam. Pourquoi l'affaire n'a-t-elle pas été plaidée au Japon ? Parce que Carlos Ghosn a toujours affirmé qu'il n'aurait jamais droit à un procès équitable dans ce pays - ce que l'on peut difficilement lui reprocher compte tenu de la manière dont il a déjà été traité par la justice japonaise…

Evasion

Ghosn n'est pas un saint. Après des allégations de fraude et une détention provisoire dans une prison japonaise suivie d'une assignation à résidence, le Libanais a pris la fuite de manière spectaculaire vers son pays d'origine - qui n'a pas de traité d'extradition avec le Japon. L'histoire est si invraisemblable qu’un film en sera même réalisé !

Arroseur arrosé

Mais revenons à l'affaire judiciaire aux Pays-Bas : Ghosn lui-même avait porté plainte contre Nissan-Mitsubishi. Il réclamait 10 millions d'euros à titre d'indemnisation pour son licenciement (à ses yeux) injustifié, pour atteinte à la réputation et pour arriérés de salaire. Mais le juge d'Amsterdam a estimé que Ghosn avait en fait reçu un salaire injustifié de la société japonaise. A vrai dire, il n'y avait pas de contrat de travail… Comprenez que comme Ghosn travaillait en même temps pour la société mère Renault-Nissan, il se versait un salaire à lui-même... Le juge a estimé ce comportement peu honnête et Ghosn a donc été condamné à rembourser ce salaire...