Le consultant Deloitte vient de dévoiler une étude intéressante portant sur le marché de l’automobile qui met en avant une tendance pour le moins surprenante : les Européens sont de moins en moins convaincus de passer à l’électrique et certains envisagent même un retour au thermique. À l’échelle du Vieux Continent, seul l’automobiliste allemand est encore moins disposé à l’électrique que le Belge. L’enquête de Deloitte porte sur 25.000 consommateurs européens, dont 1.000 Belges. Parmi ces derniers, seuls 12% d’entre eux envisagent de prendre une électrique comme prochaine voiture.
Certes, les ventes de voitures électriques explosent dans notre pays mais la popularité de ces modèles qui se passent de tout carburant reste largement limitée aux voitures de société. En effet, à la fin de 2023, 70% des nouvelles voitures de société commandées étaient 100% électriques. En revanche, pour les particuliers, la situation est bien différente. Le prix d’achat de ces véhicules ainsi que leur autonomie restent des obstacles de taille pour le consommateur lambda. Selon l’étude de Deloitte, les personnes qui envisagent d’acheter une nouvelle voiture disposent en moyenne d’un budget maximum de 30.000 €… Et, on le sait, l’offre de voitures électriques dans cette fourchette de prix est très peu fournie.
Patience…
Il faudra encore un peu de temps avant que le prix d’achat des voitures électriques ne diminue au niveau des voitures fonctionnant à l’essence ou au diesel. Pour que les particuliers se laissent davantage convaincre par l’électrique, il faudrait que les autorités locales mettent en place des mesures de soutien ciblées. C’est le cas en Flandre en revanche, à Bruxelles et en Wallonie, aucune aide de ce type n’est à l’ordre du jour, faute de volonté politique.
Dans ce contexte, un Belge sur trois se demande s’il est encore pertinent de posséder une voiture. D’autant que l’intérêt pour les voitures partagées et les transports en commun ne fait que croître, principalement dans les grandes villes. Enfin, la jeune génération semble moins attachée à la voiture qu’auparavant. Toujours selon Deloitte, un quart des Belges de moins de 34 ans interrogés est prêt à échanger sa voiture contre un abonnement de transports en commun ou de mobilité partagée.