Alejandro de Tomaso a connu une vie mouvementée. Après avoir couru en Argentine, il fuit son pays et atterrit en Italie pour y disputer quelques courses sur Maserati et Osca. En 1959, il fonde sa société et après s’être concentré sur les voitures de compétition, il présente en 1963 un châssis de barquette sportive. Son nom ? Vallelunga, en hommage au circuit éponyme. Alejandro espère vendre son châssis à un grand constructeur mais vu l’absence d’intérêt, il décide de produire lui-même sa voiture !

De la haute cuisine !

Nous sommes en 1964 et De Tomaso a lancé le carrossier Fissore sur ce projet. Ce dernier dessine une magnifique carrosserie en aluminium et la pose sur l’audacieux châssis : moteur en position central et une architecture directement dérivée de la compétition, avec sa poutre centrale et ses suspensions héritées de la Formule 3. Côté moteur, De Tomaso ne prend pas de risque et reprend le moteur Ford Kent de 1,5 l, une mécanique aussi fiable que performante, développant une grosse centaine de chevaux ! 


De l’alu au plastique !

Hélas, le succès n’est pas au rendez-vous et après une petite poignée d’exemplaires, la production est transférée chez Ghia, où une cinquantaine d’exemplaires seront produits. Signe distinctif : la carrosserie est cette fois en fibre de verre… Les raisons du flop : un tarif franchement dissuasif et un nom connu par une petite poignée d’amateurs seulement !

De frugal à bestial !

En 1966, De Tomaso change son fusil d’épaule, abandonne sa jolie petite Vallelunga et se concentre sur un modèle nettement plus viril : la Mangusta ! Avec son V8 Ford, ce modèle affiche des performances d’un tout autre tonneau, mais elle manquera cruellement de mise au point… Ce ne sera qu’avec la Pantera que De Tomaso arrivera à une certaine forme de stabilité, tant financière que technique…

Aujourd’hui

Sur la grosse cinquantaine de Vallelunga, une vingtaine d’exemplaires auraient survécu ! C’est dire si la recherche d’un exemplaire peut s’avérer longue et infructueuse… Un exemplaire fut vendu par Artcurial en 2018 pour près de 300.000 euros (l’exemplaire jaune illustré ici). Notez que toutes les voitures diffèrent sur quelques détails et que certains exemplaires furent équipés à l’époque, en Angleterre, d’un moteur Lotus accouplé à une boîte à 5 vitesses.


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