Déçu par sa 250 GT et par l’accueil que lui a réservé Enzo Ferrari, Ferruccio Lamborghini a vite développé une obsession en ce début des années 60 : produire une voiture capable de faire trembler la marque au cheval cabré. Et le premier modèle de la marque, la 350 GT, fut une incontestable réussite : techniquement parlant, elle était bien supérieure aux Ferrari, avec son V12 à 4 arbres à cames, ses 6 carburateurs, ses 4 roues indépendantes et sa boîte à 5 vitesses.
Une telle création ne tarda pas à faire parler d’elle. Responsable de sa carrosserie, la très distinguée Carrozzeria Touring Superleggera vit dans cette voiture une opportunité de se mettre en avant. Financièrement très malade en ce milieu de décennie, Touring décide de frapper un grand coup au salon de Turin de 1966. Ce qu’elle présente, c’est une Lamborghini 400 GT (évolution de la 350 GT, avec un moteur porté à 4 litres), recarrossée en… break de chasse !
Une tuerie !
Avant-gardiste et élégant, le break fait rapidement parler de lui. Touring a d’ailleurs décidé de ressortir une vieille appellation du frigo pour le baptiser : Fying Star, soit un nom qui rappelle ses créations d’avant-guerre, sur base Alfa Romeo et Lancia. Techniquement, la Flying Star II reprend le V12 Lambo de 4 litres et 320 chevaux. Une motorisation impressionnante au vu de la masse à peine supérieure à la tonne ! De quoi approcher les 250 km/h et laisser sur place à peu près tout ce qui roulait à l’époque ! En outre, Touring avait soigné le centre de gravité pour un comportement optimal. Bref, une sportive accomplie qui ne connaissait quasiment aucune rivale…
Baroud d’honneur
Coup d’éclat, la Flying Star II fut malheureusement… un coup dans l’eau ! Touring fit en effet faillite peu après avoir présenté cette création, qui fut son chant du cygne avant sa résurrection en 2008. La voiture existe toujours : vendue neuve en France, elle dispose d’un historique limpide et fut restaurée chez Touring en 2009. La boucle fut bouclée !