ou


Pas encore de compte

La quotidienne

Les dernières infos de l'actualité automobile

L’hebdomadaire

Une sélection du meilleur de l'actualité automobile


Ce compte existe déjà

Olivier Maloteaux

4 AVR 2025

Essai : Jeep Avenger e‑Hybrid (4xe), la mini‑Jeep en mode micro‑hybride

Il n’y a pas que de l’électricité dans la vie de l’Avenger : la plus petite des Jeep se décline aussi en versions micro-hybrides, avec ou sans transmission intégrale. Intéressant ? On a testé.

{"fr":"SUV Jeep Avenger blanc et noir sur terrain accidenté et boueux, robuste et élégant.","nl":"Witte en zwarte Jeep Avenger SUV op ruw en modderig terrein, robuust en stijlvol."}
{"fr":"Jeep Renegade blanche sur chemin forestier ensoleillé, exploration tout-terrain.","nl":"Witte Jeep Renegade op zonnig bospad, offroad verkenning."}

"Ces versions MHEV conservent le caractère attachant de l’Avenger électrique, mais rendent ses services nettement plus abordables."

La mini-Jeep est un modèle multi-carburant : à côté de la version électrique (156 ch) découverte en 2023, on trouve dorénavant aussi une simple version à essence (100 ch) ainsi que des variantes micros-hybrides (MHEV) essence/électricité : de 110 ch en traction (eHybrid) et de 145 ch avec la transmission intégrale (4xe). Car même mini, une Jeep doit exister en 4x4…

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Design

Une Jeep « made in Europe »

Cette Jeep n’a rien d’Américain : elle est produite en Pologne et ne traversera pas l’océan Atlantique. Elle n’est en effet pas vendue aux Etats-Unis, où son gabarit serait jugé trop petit. L’Avenger ne mesure en effet que 4,08 m et est donc encore plus petite que le Renegade (4,24 m), toujours au catalogue.

Si l’Avenger est petite, elle ne passe pas inaperçue pour autant : les designers lui ont façonné une robe stylée et baroudeuse, avec un petit air cubique typiquement Jeep et des protections en plastique aux entournures. On remarque aussi les poignées de portes arrière noyées dans la carrosserie. Pour colorer l’ensemble, les client(e)s ont le choix entre sept teintes extérieures : trois couleurs pastels et quatre métallisées. Des combinaisons bicolores avec toit noir sont également proposées. Toutes les versions chaussent de série des jantes en alu, de 16, 17 ou 18 pouces selon le niveau de finition.

Un look à part pour les 4xe

Seule la version micro-hybride 145 ch est proposée en 4x4, avec une décoration spécifique, tant dehors que dedans. Extérieurement, les 4xe se reconnaissent à leurs antibrouillards avant redessinés, positionnés légèrement plus haut et vers l'extérieur, ce qui est censé améliorer la visibilité sur terrains escarpés. On note aussi de nouveaux pare-chocs avant et arrière moulés dans un matériau polymère teinté dans la masse (qui conserve sa couleur d'origine en cas de rayures), des barres de toit de série, un crochet de remorquage dans le pare-chocs arrière (pour sortir la voiture d’un mauvais pas), ainsi que des pneus 4 saisons M+S montés sur jantes de 17 pouces. Les accents verts ajoutent aussi une pointe d'originalité, notamment la signature en « X » sur le pare-chocs avant. Ajoutez à cela un élément qui ne se voit pas mais a son utilité en tout chemin : une plaque de protection en métal fixée sous le moteur. Notons encore que les 4xe ont une garde au sol rehaussée. On y reviendra.

Une série limitée « The North Face »

L’Avenger 4xe est disponible dans une finition exclusive conçue avec le spécialiste américain de vêtements et accessoires de sport « The North Face ». Cette série est limitée à 4.806 unités, un nombre choisi car c’est la hauteur du Mont Blanc, plus haute montagne d'Europe. Cette série comprend notamment un autocollant décoratif anti-reflet sur le capot, un tableau de bord décoré de lignes topographiques et du profil du Mont-Blanc, ainsi que des sièges avant avec bordures dorées rappelant les vestes polaires « The North Face ». Le dos des sièges comprend une poche de rangement avec sangle élastique comme sur les sacs à dos « The North Face ». Enfin, la série spéciale inclut un kit comprenant une tente, un sac de sport et une bouteille d'eau, le tout orné des logos des deux marques.

Expérience

Petite, mais habitable

L’Avenger est petite mais accueillante. Tout commence par un accès aisé à bord, grâce à la carrosserie surélevée. À l’avant, les passagers ne sont jamais à l’étroit et les sièges sont globalement confortables malgré une assise assez courte. Notons que sur les versions 4xe, ces sièges se couvrent d’un revêtement spécifique complètement étanche et facile à nettoyer. Un bon point aussi pour les rangements, nombreux et spacieux, en particulier le bac creusé à la place du traditionnel levier de boîte, remplacé ici par des boutons.

À l’arrière, la garde au toit est généreuse, mais les adultes d’un mètre quatre-vingt ont peu d’espace pour les jambes. Quant à la place centrale, elle est réservée aux enfants tant elle est étroite.

Coffre réduit en 4xe

Le coffre est correct au regard du gabarit et on apprécie ses parois bien planes, mais on regrette l’imposant rebord entre le seuil et le plancher. Cela peut être compensé par le double plancher, qui permet aussi d’obtenir un espace de chargement presque totalement plat lorsque l’on rabat la banquette. Si le volume de coffre de la version micro-hybride traction est identique à celui de la simple version à essence (de 380 à 1.277 litres), celui de la 4xe perd près de 60 litres (de 325 à 1.218 litres) à cause du moteur électrique additionnel implanté sous le plancher. Cette mild-hybride 4xe fait même moins bien que l’Avenger full électrique (de 355 à 1.252 litres).

Une Jeep bien connectée

Pas de cadran à aiguilles dans cette Jeep : toutes les Avenger disposent d’office d’un combiné d’instruments numérique (de 7’’ sur l’entrée de gamme et de 10,25’’ dès le 2e niveau de finition).

L’écran central de 10,25’’ est de série et offre une belle résolution, mais la fonction tactile est un peu lente. La reconnaissance vocale est globalement efficace et désormais épaulée par l’assistant ChatGPT, du moins sur les versions dotées du système de navigation (de série uniquement sur « The North Face », en option sur les autres finitions). Un GPS facile à programmer et précis.

Les connexions AndroidAuto/AppleCarPlay (avec ou sans fil dans les deux cas) sont offertes et fonctionnent également très bien. On trouve trois prises dans le bac central avant : USB-C, USB-A et 12V. Il n’y a par contre qu’une seule USB-C à l’arrière.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Conduite

Une micro-hybride de 110 ou 145 ch

Tout comme la simple version à essence, la micro-hybride traction embarque le bloc tricylindre 1.2 litre turbo à essence de 100 ch, associé ici à un moteur électrique de 28,5 ch (alimenté par une batterie 48V logée sous le siège conducteur) qui booste le thermique pour offrir une puissance combinée de 110 ch.

La version 4xe gonfle son moteur à essence (136 ch) et ajoute un deuxième moteur électrique de 28,5 ch sur l’essieu arrière, pour entraîner les roues postérieures ; le tout offre une puissance combinée de 145 ch en pic. Mais cette puissance n’est disponible que lorsque la voiture évolue en mode 4 roues motrices, soit sous 90 km/h uniquement. Au-delà de cette vitesse, le train arrière est totalement déconnecté et on perd donc le boost du deuxième moteur électrique.

Les performances de la 4xe sont cependant un peu meilleures (0-100 km/h en 9,5 secondes et 195 km/h en pointe) que celles de la micro-hybride traction (10,4 secondes et 184 km/h). La puissance transite dans les deux cas par une boîte robotisée à double embrayage et 6 rapports. Cette boîte se montre globalement douce en conduite courante, mais la gestion manque un peu de réactivité quand le rythme s’accélère. Des palettes au volant permettent de prendre les choses en mains, pour choisir vous-même le moment de changement des vitesses.

Consommations en baisse

Mais la particularité des micros-hybrides (MHEV) de chez Stellantis, c’est que le (ou les) moteur(s) électrique(s) peu(ven)t ici momentanément animer seul(s) le véhicule, à condition de ne pas trop pousser sur l’accélérateur ; c’est le cas par exemple lors des manœuvres, mais aussi dans les bouchons en ville et même sur certaines portions routières. De quoi faire fortement baisser la consommation par rapport à la plupart des autres modèles MHEV. Au volant de cette Jeep, il est tout à fait possible de signer une moyenne de 5,0 l/100 km en conduite calme. Du moins dans le cas de la traction car la 4xe, elle, consomme davantage : comptez un demi-litre de plus en moyenne, notamment car elle est plus lourde (+187 kilos, soit 1.475 en tout) mais aussi car lorsque la voiture évolue en 4x4, elle laisse pratiquement tout le temps tourner le moteur à essence pour s’assurer que la batterie 48V soit toujours bien remplie. Les pneus M+S de la 4xe sont aussi en partie responsables de cette hausse de consommation.

À l’aise en ville comme sur route

Techniquement, cette petite Jeep n’est pas née d’une feuille blanche : synergie de groupe oblige, le constructeur américain profite de la plate-forme e-CMP2 de Stellantis, un squelette français qui sert notamment de base aux Alfa Junior, Citroën C3 Aircross, Fiat 600 ou encore Opel Mokka/Frontera et Peugeot 2008.

En ville, cette mini-Jeep se sent comme un poisson dans l’eau : sa petite taille la rend particulièrement maniable, tandis que la position de conduite légèrement surélevée offre une belle visibilité sur le trafic.

Mais l’Avenger micro-hybride ne craint pas non plus les grands axes. Malgré l’empattement court, le confort est franchement très correct. Et cette petite Jeep affiche aussi une tenue de route efficace et même plutôt agile, encore améliorée sur la version 4xe grâce au train arrière multibras qui remplace la barre de torsion de la version traction. Et cette petite Jeep ne se couche jamais trop dans les virages. Bref, un compromis confort/tenue de route particulièrement réussi.

Un vrai tout terrain, cette petite Jeep ?

Une Jeep doit aussi pouvoir s’évader hors des chemins bitumés. Les concepteurs ont donc posé la carcasse de l’Avenger sur une suspension rehaussée par rapport à celle des autres produits Stellantis de même base, tandis que les porte-à-faux plus courts offrent des angles d’approche, ventral et de fuite plus prononcés. Bien sûr, cette Jeep n’a pas pour vocation de mordre les rochers, mais ces angles de carrosserie plus marqués permettent d’attaquer avec franchise les rampes de parking souterrains très pentues sans se casser les pare-chocs.

La version 4xe fait encore mieux, grâce à sa garde au sol encore plus haute (+1,5 cm, soit 21,2 cm en tout) et, bien sûr, sa transmission intégrale assurée par un moteur électrique arrière additionnel. En mode Sand/Mud (sable et boue) et Snow (neige), l’Avenger évolue d’office en 4x4 (répartition avant/arrière de 50/50%) jusqu’à 30 km/h. Le moteur arrière est associé à un réducteur fortement démultiplié (une vitesse fort courte, quoi), pour animer plus puissamment les roues arrière et permettre à cette Jeep de mieux grimper les côtes pentues sous faible adhérence. Pour les fortes descentes, le Hill Descent Control (de série, y compris sur la version simple traction) peut maintenir la voiture au pas sans que l’on ait à toucher les freins.

Une balade dans un bois nous a révélé que l’Avenger est en effet apte au tout chemin, même si elle n’offre évidemment pas les capacités de franchissement ni la robustesse d’un Wrangler. On ne lui en demandait pas tant, mais on apprécie que l’Avenger puisse se débrouiller sur des terrains accidentés, et cela dans un très bon confort, l’amortissement absorbant efficacement les trous et gros cailloux. Le constructeur promet aussi que l’Avenger 4xe peut se baigner dans 40 centimètres d’eau sans boire la tasse (contre 23 cm pour la traction), mais nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier. Petite déception : la version à transmission intégrale paraît a priori mieux adaptée pour tracter un attelage, mais sa capacité de remorquage est pourtant moins élevée (920 kilos) que celle de la traction (1.100 kilos)…

Prix

Quels prix pour les Jeep Avenger micro-hybrides et 4xe 2025 ?

La version micro-hybride 110 ch débute à 26.650 €, soit 2.000 € de plus que la thermique 100 ch (mais elle offre la boîte automatique en plus) et reste environ 10.000 € moins chère que l’électrique ! Un bon compromis dans la gamme. La variante 4xe est sensiblement plus chère (à partir de 32.450 €) car disponible uniquement à partir du 3e niveau de finition. Sa série limitée « The North Face » est full équipée, mais encore nettement plus coûteuse (38.450 €).

Verdict

On appréciait déjà l’Avenger tout électrique pour son caractère attachant, son habitacle pratique bourré de rangements et son compromis confort/dynamisme réussi. Cette version micro-hybride est encore plus intéressante pour les particuliers, car nettement moins coûteuse à l’achat et sobre à l’usage (possibilité de rouler momentanément en full électrique). Cette Avenger MHEV reste plus chère que sa cousine Fiat 600 à moteur similaire, mais offre un style Jeep sympathique et existe aussi en version 4X4, certes un peu moins sobre, mais intéressante pour qui doit régulièrement planter ses roues hors du macadam. Une version exclusive car il n’existe pratiquement plus aucun mini-SUV à transmission intégrale. 

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ